Histoire

La-Gadeliere-1789

Le nom de cet ancien village, comprenant plusieurs hameaux aux alentours, rappelle son importance pendant la période de la Guerre de Cent Ans dans le système de défense contre les Anglais qui occupaient Verneuil-sur-Avre.

L’Avre servait de frontière entre le Duché du Maine, resté fidèle au Roi de France, et le Duché de Normandie, possession du Roi d’Angleterre.

Les années 2015 – 2023 marquent le 500° anniversaire de la première restauration de cette forteresse, édifiée au XIV° siècle. Cela a été attesté par de récentes études du bâti menées par un Architecte en Chef des Monuments Historiques et une dendrochronologie.

Autour de la forteresse plusieurs constructions ont été conservées et les ruines de l’ancien village ont servi de base à l’édification d’une ferme modèle au XIXème siècle.

Divers propriétaires se sont succédés ; des parchemins anciens mentionnent LA GADELIERE comme faisant d’une importante seigneurie, celle de la famille DESGUEZ, qui la cède en 1456 au Seigneur Jacques LESCENE. Sa famille sera la seule qui habitera sur place jusqu’en 1610.

– Elle est cédée alors à Michel d’ARNOULD, qui la cède en 1658 au Sieur de PASTEY.

– En 1696, Charles DUFOUR, Ecuyer, Receveur des Tailles de l’Election de Verneuil-sur-Avre, achète la Seigneurerie de La Gadelière, mais n’y résidera jamais. Il sera enterré dans l‘église de la Gadelière et son fils, Charles-Félix offrira une cloche qui sera bénie en 1756.

L’ensemble des bâtiments est construit en silex et en grison (conglomérat d’éclats de silex réunis par un ciment ferrugineux très dur), matériaux que l’on trouvait dans les champs. Le grison a été utilisé dans cette région du XIIème siècle jusqu’au début du XVIème siècle, alors en réemploi.

LA PLACE FORTE : Au Moyen-Age elle était composée d’une tour de défense à l’ouest, d’une tour d’escalier au sud, effondrée sans doute au moment de la Fronde et d’un logis à l’est. Un mur de courtines au nord complétait la défense de cet ensemble.

Les LESCENE restaurent la forteresse entre 1515 et 1523. Ils s’attribuent l’ancienne tour de défense pour y habiter, y percent des fenêtres à meneaux et édifient une nouvelle tour de défense au nord, percées de canonnières et prenant appui sur l’ancien mur de courtines.

La forteresse ne fut plus habitée jusqu’à sa transformation en 1895 par l’ouverture de nombreuses fenêtres, la création d’un escalier au nord, démoli en août 2017, et d’une « galerie » au sud.

EGLISE DE LA GADELIÈRE : C’est l’ancienne église du village de La Gadelière, désaffectée depuis 1858 et dont le clocher est tombé en 1930.

Elle remonte au XIVème siècle avec des ouvertures en plein cintre. Jacques LESCENE l’a restaurée en même temps que la Place Forte. Il a laissé son blason sur les piliers et l’a dotée d’ouvertures gothiques avec meneaux et flammes. Le plafond est parqueté et décoré agrémenté d’aiguilles apparentes peintes de divers tons d’ocre, comme les poutres du chœur.

Des découvertes successives ont permis de retrouver un fragment de peinture murale, qui permet de penser que l’église a été entièrement peinte, une « litre funéraire » aux armes des LESCENE, et deux statues de Saint Martin, représenté à gauche en Charité et à droite en Evêque qui devaient surmonter un retable.

L’inscription entre les deux statues est un ex-voto de Jacques Lescene et sa famille et date de 1517.

PETITE MAISON DU FOUR BANAL : Datant du XIIème siècle et dernière maison d’origine du village encore existante, il y a été retrouvé un très grand four à pain et un plus petit à côté.

LE PIGEONNIER : Seul pigeonnier octogonal de la région car construit à pans de bois et maçonné par la suite, il a conservé l’ensemble de ses boulins et sa porte du XVIème.

LA FERME : Autour du porche monumental du XIXème et formant un carré enserrant une ancienne grange du XVIIème, les bâtiments ont été construits pour être une ferme modèle de son époque. Le grand bassin était alimenté par les eaux de gouttières et servait d’abreuvoir aux animaux.

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